Observations, commentaires et anecdotesJe suis née en mai 1943, dans le Sud Ouest et plus précisément à Marmande, au bord de la Garonne. De ces racines j’ai gardé outre mon accent ensoleillé, un goût prononcé pour la bonne cuisine à « la graisse d’oie » et la passion du rugby, de son esprit et de ses joueurs. Ma vie a été bien remplie, deux mariages, deux beaux enfants, un travail qui m’a toujours occupée et parfois passionnée pendant près de 40 ans !... J’ai eu la chance de pouvoir résider longtemps à l’étranger, à Singapour, Hong Kong, Washington et Londres, et c’est pour cela sans doute qu’au moment de la retraite j’ai recherché en dehors de l’hexagone, un point de chute ensoleillé toute l’année.. « Et pourquoi n’iriez vous pas en Thaïlande ? » C’est Marie qui parle, ma kiné, ma bouée de sauvetage, tout au long des ces mois de galère que je viens de passer. En un éclair je me voyais déjà au bord de la mer, sous les cocotiers.. « Oui, vous avez raison, je vais aller en Thaïlande. » Marie, belle, sérieuse , efficace, elle a toujours eu les mots, les gestes pour m’aider, écouté patiemment mes histoires, raconté ses voyages dans le monde !. Elle s’inquiétait un peu de mon apathie. Jusque là je n’étais qu’une patiente, impatiente de voir la fin de ce traitement, le bout du tunnel. Reprendre les rennes de ma vie.. Mais quelle vie ? J’étais déjà à la retraite, sans but ni envie, me demandant confusément ce que j’allais bien faire de ces années qui m’étaient promises, maintenant que j’avais vaincu le cancer ! Physiquement ce n’était pas la joie : mes cheveux poussaient à peine sous ma perruque, mon corps était épaissi par des mois sans exercice et les riches nourritures que je m’étais autorisée « pour garder le moral » : je ne rentrais plus dans rien. Mon bras droit, fragilisé par l’ablation des ganglions « infectés » restait encore quasiment insensible.. Je dormais avec peine, me bougeais difficilement : toute sortie était encore épuisante, j’avais envie de creuser un trou pour m’y cacher. Il me fallait rebondir, me remuer. Et pourquoi pas la Thaïlande pour m’y reposer, faire le point, prendre le soleil, des bains de mer et me faire masser ?.. retrouver des gens avec le sourire, les petits plats thaï, le piment qui fait pleurer à la première bouchée, mais qui révèle après d’autres saveurs plus subtiles, les fruits, les mangues le papayes les mangoustans : Le luxe pur en cette fin novembre grise ! J’en oubliais les longues heures d’avion qu’il faudrait affronter et dont j’étais épuisée à l’avance ! La Thaïlande : un pays que j’ai aimé dès que je l’ai découvert en 1981 : je n’y ai que des bons souvenirs, accumulés jusqu’en 1991.Depuis que j’avais quitté l’Asie j’ai toujours gardé ce manque, cette nostalgie ; je n’aimais pas tout, mais tout me manquait ! Et plus les souvenirs revenaient, plus la Thaïlande s’imposait.. Et j’ai bondi sur l’ordinateur : vite, Internet, dis moi comment, où, vite ! Plein de sites débordant de renseignements.. Pas question de prendre un voyage organisé : l’idée même m’était insupportable : avoir autour de moi des touristes de base, franchouillards sans leurs steaks, accablés de chaleur, ne comprenant rien et essayant de se servir de moi – as usual - pour l’interprétariat.. no way ! Tant pis ce sera plus cher, mais bon depuis le temps que j’attends des vacances ! Ca c’est fait en quelques clics, il me fallait une île, j’adore les îles, une sorte de faiblesse.. Phuket, que j’avais connue en 81 quasiment sans infrastructure hôtelière, s’est trop bien rattrapée, je me décide pour Koh Samui , encore pas trop touchée par les hordes et le doux souvenir du Bouddha doré que j’avais quasiment dans les bras quand je nageais.. C’était quand déjà ?? 86, 87 ?.. Site de Samui-info, impeccable, je visite les lieux, compare les tarifs et je réserve on line.. Un hôtel de jolis bungalow, pas trop modeste et avec Spa. . J’aurai les masseuses sous la main.. un endroit tranquille, tout près de la plage : à moi l’eau transparente ! Je me sens déjà mieux, et fait part de mon projet une fois bien ficelé à Jean, à Londres. Un mail dans lequel j’ajoute « si tu veux venir, tout ou partie du séjour, You’r welcome.. » . Par retour je reçois « je viens »..Rebelote pour les réservations, je boucle ça en une soirée.. Restait plus qu’à attendre le 31 décembre : la Thaïlande pour la nouvelle année ! La Thaïlande pour une nouvelle vie ? L’idée tout simplement faisait soin chemin.Janvier 2004 Treize ans après ma première visite à Koh Samui, je n’ai rien reconnu à part le Big Bouddah ! Le voyage m’avait épuisée, heureusement Jean était avec moi et le séjour au « Natural Wing Resort » a été un régal. L’endroit est superbe, le bungalow très confortable avec une salle de bains extérieure – une merveille -. La plage est à deux pas, très calme.. Retrouver « l’eau chaude » a été une bénédiction, les massages m’ont remise sur pieds.. Enfin presque. J’avais l’impression que l’île m’attendait. Grâce à la petite jeep louée chez Eric nous avons pu explorer, visiter, admirer. Après l’hiver parisien et mon année de galère, j’avais retrouvé « le paradis », je me suis sentie revivre, mais trois semaines c’était vraiment trop peu.. L’idée de revenir pour plus longtemps a vite fait son chemin. Grâce à Eric dont la maison voisine dans le « Near Sea Resort » allait se libérer, j’ai fait la connaissance de M. Raksa, le propriétaire, et j’ai loué pour 6 mois une « demie-maison ». ..à deux pas de la plage, dans la verdure, simple – même un peu rudimentaire pour moi sans doute, mais je n’avais pas l’intention de m’y enfermer.. Rentrée en France, quelques démarches essentielles et j’étais de retour à Samui avec mon chat le 1er mars, à l’essai en quelque sorte..Voila mes deux premières semaines en Thaïlande sont bouclées et je peux enfin me poser et vous donner quelques détails, ce dimanche après midi, après la sieste, au frais, car dehors il fait vraiment chaud.. En fait les matins jusqu’à onze heures sont magiques, après cinq heures, l’après midi, comme il y a toujours de l’air, c’est très agréable.. La nuit un ventilateur dans la chambre me suffit. A part les péripéties du supplément de bagages (avec le chat plus de 20 kilos), le voyage s’est parfaitement passé. Paris Bangkok, bien que l’avion soit bondé, j’ai eu la place libre à côté de moi pour poser le sac du chat.. Il s’est parfaitement tenu, en grand voyageur, il suffit de lui parler de temps en temps en lui caressant la tête ! Arrivée à Bangkok, immigration pour chat, papiers en règle, 120 bahts soit 2 euros 40.. Cette fois si il ne m’a pas ruinée ! Départ pour Surat Thani – puisque je ne pouvais pas arriver directement sur l’île avec Bangkok Airways (avion trop petit, pas de chat autorisé !) où mon ami belge, Eric, et sa femme m’attendaient. Hélas, alors qu’on allait se diriger vers l’hôtel pour se reposer un peu, panne de voiture, elle ne démarrait pas. Malgré le mécanicien voisin, arrivé relativement vite sur sa moto le problème a été résolu au garage… une heure de plus pour les voyageurs exténués dans la fournaise du midi thaïlandais ! Hélas à peine dans la voiture, rafraîchie par la clim, le chat s’est laissé aller et a fait un « pipi » qui n’en finissait pas . Il était sur mes genoux et j’en ai_ bien profité.. Arrivée discrète à l’hôtel, je me suis ruée sur la salle de bain, lavé le chat - et moi - à grande eau, et filé vers la piscine où s’ébattaient déjà Pim et Eric. Les chambres donnant sur le jardin où était la piscine, je laisse la porte fenêtre coulissante entrouverte d’un centimètre. A mon retour la porte était ouverte d’une bonne dizaine de centimètres et plus de chat. Elle était pourtant lourde cette porte, mais l’appel de la jungle était le plus fort ! Il m’avait déjà fait un coup comme ça à Washington, je n’étais pas trop inquiète : il sait revenir. Encore fallait –il l’attendre et surveiller qu’il ne parte pas vers la route, mais photo du chat en mains, j’ai lancé l’avis de recherche à travers l’hôtel et mis la récompense à 1000 bahts. Du coup tous les employés de l’hôtel étaient en chasse et les environs étaient surveillés. Je me suis bien sur usé la voix à l’appeler, en vain . Le lendemain Eric et Pim devaient repartir, par bonheur un de leur client qui partait à Bangkok par le train a laissé une jeep pour moi.. J’ai donc attendu.. tranquille à l’hôtel ; j’ai fréquenté le SPA et profité d’excellents massages, fait plein de courses dans les magasins du coin pour ma future installation. La deuxième nuit on frappe à ma porte, j’ouvre : deux personnes me rapportaient un chat… qui n’était pas le mien. Déception, en fin de compte alors qu’au soir du troisième jour j’étais au Spa me préparant à un « foot massage », coup de téléphone pour moi. On avait retrouvé l’animal ! Cette fois c’était lui, impeccable, pas un poil de travers, à croire qu’il avait été kidnappé ! J’ai payé cash la récompense. Calin-Maman comme si de rien n’était, il a mangé, bu, et dormi près de moi.. Fin de l’histoire ! La jeep chargée, le port à 80 kilomètres quand même, le bateau et enfin Koh Samui, et le Near Sea Resort.. Ouf ! Je vous passe les détails de mes courses multiples et variées, de ce qu’on trouve et qu’on ne trouve pas ou qu’on a oublié…Tout marche, y compris internet sur mon délicieux portable, le jardin très vert est maintenant fleuri de bougainvilliers de toutes les couleurs, la mer est sublime, l’eau tiède, la plage presque déserte – il y a quand même une masseuse diplômée, qui fait d’excellents massages d’une heure pour 200 bahts - 4 euros – je reprend l’entraînement, marche (à 7h du mat sur la plage) et natation, la forme revient.. je transpire des litres et j’ai l’impression d’enfin éliminer toutes les substances chimiques qui, quand même, sans doute, dans une autre vie, me l’ont sauvée… Donc je suis installée dans la demi maison près de celle d’Eric, voisin adorable et serviable, mon propriétaire me couve, négocie mes remises, vient m’assister pour les « gros » achats, renvoie un meuble à réparer alors qu’on vient me le livrer …il y avait un petit défaut.. Le lendemain je l’ai récupéré nickel. Jamais j’aurai osé ! Pour l’instant j’ai rencontré surtout des restaurateurs , tenanciers de bars et leurs compagnes, faune un peu bizarre de résidents qui tentent de survivre avec des business approximatifs, parlant l’anglais « broken » des locaux.. A prendre avec des pincettes : beaucoup de sérieux imbibés à la bière thaïe !. J’ai quand même rencontré (grâce au site de Samui Info sur internet)- un gars très sympathique, qui est là pour trois mois et espère que sa pré retraite pourra faire l’affaire pour le visa retraité. Il compte venir s’installer en fin d’année. Il est basque de Bayonne, habite Biarritz, est veuf et s’est trouvé une consolation locale qui est adorable.. On parle rugby , elle sourit et sert le gin tonic avec des trucs frits et épicés, un régal ! Vivement France Ecosse, pour France Angleterre en nocturne à Paris il va falloir aviser.. nuit blanche ? On risque de voir les essais en double ! Dans deux mois mes nouveaux « poulets bleus » « Christophe et ses potes » arrivent pour 2 mois occupant la maison d’Eric en vacances en Belgique. Des jeunes, cools et sympas.. Je vais apprendre des choses utiles sur mon ordinateur.. Petite ombre au tableau : mon voisin, anglais, propriétaire de 3 chiens qui lui font la fête quand il rentre bourré à trois heures du mat.. Hier soir, je suis rentrée après lui : couscous chez Fred à la Niçoise - excellent – mais les bars étaient en grève pour protester d’une décision gouvernementale fixant la fermeture des bars à minuit – au lieu de 2 heures du mat -. J’ai très bien dormi ! Vivement que je récupère la maison toute entière, en Août seulement ! Voilà comme je l’avais raconté aux visiteurs du forum de Samui-Info, les mésaventures de Philippe à Samui.
Célibataire de 35 ans Philippe était venu passer 3 semaines à Samui avec son ami Christophe.. Installés dans un bungalow de Bophut ils avaient loué à mon ami Eric – le belge - des motos pour visiter l’île.. A peine de retour de Surat Thani le 3 mars dernier, où il était venu me chercher, Eric apprend que Philippe avait eu un accident de moto devant le Tesco Lotus, un soir à minuit : il avait été « accroché » par un autre motard, et tous les deux étaient au Bandong Hospital, en mauvais état.. Si l’état de Philippe s’est vite amélioré après plusieurs opérations de ses 5 fractures, l’autre, un anglais résident à Samui, est resté dans le coma et est toujours, aujourd’hui, inconscient à l’Hôpital gouvernemental de Nathon. Dès que Philippe a repris conscience il a été quotidiennement harcelé par le staff de l’hôpital qui voulait être payé de ses soins et par la police qui prétendait que des témoins (que l’on a toujours pas vu ni apparemment interrogés officiellement) l’avaient déclaré responsable de l’accident ayant doublé un taxi au delà de la ligne jaune continue et heurté l’anglais qui roulait en sens inverse, ce que Philippe malgré le choc nie énergiquement ! La pression de la police a été très forte allant jusqu’à mettre des policiers en faction devant la chambre de Philippe lequel avec un pied mal en point, un bras et une épaule cassés aurait été bien en peine de quitter son lit de douleur a fortiori la Thaïlande dans son état. La police avait récupéré son passeport et menaçait de l’envoyer directement en prison à sa sortie de l’hôpital s’il ne s’acquittait pas non seulement de ses propres frais mais de ceux de son adversaire dans le coma, en vertu de la règle thaïlandaise qui exige que le moins abîmé paie pour l’autre.. Philippe n’avait, bien entendu, pas suffisamment d’argent pour s’acquitter de tout ça, il avait négligé de prendre une assurance de type assistance pour son voyage, quant aux motos elles ne sont pas du tout assurées en Thaïlande : vu le nombre d’accidents dans le pays, les assureurs ne sont pas fous ! Pas de recours non plus avec sa carte visa – elle n’est pas internationale, et il ne voulait à aucun prix en parler à son père, sa seule famille, très âgé, malade et en maison de retraite.. J’ai accompagné Eric voir Philippe au tout début de mon séjour. Il y avait encore son ami Christophe qui veillait sur lui. Il était dans un triste état, le bras en compote, des «broches » partout, il avait un moral au plus bas devant cette situation inextricable, et surtout était très affligé de l’état de son « adversaire » même s’il doutait de sa propre culpabilité ! Avec Eric nous sommes allés voir le malheureux anglais : l’hôpital est ouvert à tous vents : on nous a simplement fait enfiler une vague blouse de protection pour rentrer en salle de réanimation : l’infirmière prenait son repas devant le lit où gisait le patient, des tuyaux partout, l’horreur ! J’ai mis plus d’une semaine à me remettre de ce spectacle. Avant de rentrer en France Christophe avait pris un avocat, été en contact avec l’ambassade et le consulat de Bangkok et le consul honoraire de Phuket.. Mais seul comptait l’argent nécessaire au règlement de l’affaire. Par bonheur Philippe a des amis en France qui se sont mobilisés pour lui faire envoyer via l’ambassade la somme destinée à régler d’abord les frais du Bandong hospital – les siens et ceux de l’anglais et les frais « de justice » subséquents ! Le tout ayant été évalué par l’avocat à 1 million de bahts – 25 000 euros. Mais le tout était très long et compliqué à mettre en place. On attendait cette somme quand je suis allé à Bangkok au consulat et j’ai eu l’occasion d’en parler un peu au Consul, lui disant que Philippe était vraiment un type bien, et qu’il méritait l’assistance des autorités françaises. Pendant ce temps Philippe, maintenant seul, n’ayant pas réglé encore l’hôpital, toujours harcelé par la police et ses problèmes d’argent, s’est vu transférer dans une chambre « annexe », sans climatisation ni télévision, pleine de moustiques d’araignées et il a même tué trois scorpions. Pour ses pansements il devait se rendre à l’hôpital. Quant à ses repas il devait les acheter cash à la cantine. Eric lui a prêté une télé et un lecteur de DVD afin qu’il ne devienne pas complètement fou d’ennui, d’angoisse et de solitude.. Si physiquement il allait mieux le moral était bien bas ! Enfin l’argent est arrivé, apporté par le consul honoraire de Phuket accompagné d’un ami. Philippe a réglé l’hôpital, les deux factures ! 550.000 bahts. Mais la police restait ferme et n’a pas rendu le passeport pour autant car il devait « passer en jugement » : il risquait la prison, au moins le sursis, une amende.. Des négociations ont eu lieu avec « l’assistance » de l’avocat et la « partie adverse » les amis et l’avocat de l’anglais. Il fallait « prévoir » une somme pour la police (qui devait en principe « changer » le plan de l’accident pour « éviter le pire »), prévoir aussi les honoraires de l’avocat. Il est enfin libéré sous caution de 200.000 bahts payés à la police : il peut quitter l’hôpital. Sur l’insistance du consul le jugement a été prévu pour le 12 avril au lieu de la fin du mois et Philippe est parti avec le consul, sous sa « protection », à Phuket en attendant. Il a pu se reposer et se détendre un peu. Visite à l’hôpital de Phuket pour ses soins : on lui découvre deux autres fractures. Mais il va mieux, l’épaule va bien, son pied va mieux, il marche et son bras et sa main maintenant sont « à l’air libre »mais il y aura encore beaucoup de rééducation à faire en France. Il m’a téléphoné samedi : il rentrait pour être jugé le lundi de Pâques, veille de fête pour les thaïs – Sonkkran la fête de l’eau dure trois jours et commence le soir même ! Le moral était meilleur.. mais quelle appréhension ! Se faire juger dans un pays dont on ignore les lois et la langue car bien entendu aucun interprète n’est prévu. Quant à l’assistance de l’avocat, qui explique en anglais à quelqu’un qui le comprend mal, et que l’on soupçonne de collusion avec la police, elle est douteuse. L’avocat l’appelle le dimanche et lui dit que pour accélérer la procédure du lendemain il fallait qu’il aille au commissariat de Nathon pour faire des « papiers ». J’ai proposé à Philippe de l’accompagner : la police avait déjà été apparemment impressionnée par les personnes qui étaient venues avec l’argent, il fallait qu’il n’apparaisse pas seul. Je vais le chercher à Chaweng et nous fonçons à Nathon. Le capitaine - un arrogant personnage, plutôt bien physiquement et absolument imbuvable - qui s’était occupé de son affaire nous voit mais nous ignore complètement et nous sommes pris en charge à l’étage par un officier de police à l’anglais balbutiant, qui essaie de remplir son carton avec l’identité de Philippe. Il lui a pris aussi ses empreintes, Philippe était blanc comme un linge : cauchemar pour lui qui n’avait jamais eu maille à partir avec la justice. Juste à coté, les cellules de détention où il y avait, dans une chaleur de four, un jeune thai et un « farang » perchés sur un même hamac, seul mobilier de la cellule .. Philippe s’y voyait déjà ! On avait aperçu à l’arrivée une jeune femme blanche devant les grilles.. on la reverra le lendemain tout au long de la journée, sans jamais oser la questionner.. Le tout avait pris un quart d’heure : vu le temps perdu le lendemain à attendre dans une chaleur de four on s’est posé la question : pourquoi le faire venir, seul, puisque l’avocat n’était pas là, pour quelques minutes si ce n’est pour faire monter la pression et approcher des détenus ! En tout cas c’était gagné ! Je raccompagne Philippe à Chaweng et je lui dis que j’allais l’accompagner le lendemain.. Je le soutiendrai et ferai au moins l’interprète . L’avocat lui avait dit de se rendre à Nathon le lundi à 8h30 . On se disait l’affaire sera vite expédiée, c’est Sonkkran le soir, ils voudront tous accélérer les choses ! Je pars avec ma jeep de Maenam à 7h, prend Philippe à 7h30 : nous fonçons à Nathon dans la fraîcheur relative du matin.. on a même le temps de boire un café en face du commissariat (le tribunal est à côté). A 8h30 on se montre au commissariat. Finalement l’avocat n’arrivera qu’à 9h45 débarquant du ferry. Il nous fera bien remarquer qu’il avait interrompu ses vacances pour cette affaire. Je me présente, « une amie de Philippe » et je glisse le mot ambassade pour enfoncer le clou. Tête de l’avocat, un peu déstabilisé. Il demande à Philippe les factures et les reçus de l’hôpital. Il est furieux que les factures ne soient que des photocopies : je lui explique que les originaux sont dans le coffre du consulat de Phuket. Il m’engueule en me disant que dans toutes les cours de justice du monde on demandait les originaux ! Philippe se voit mal barré et commence à flipper ! On va devant le tribunal, sorte de long guichet, avec des bancs devant où sont assis des gens, des prévenus sans doute, dont certains avec des uniformes orange et marron de détenus avec des chaînes rouillées aux pieds, ce qui impressionne fortement Philippe – et moi avec ! parmi eux 2 farangs, l’air absent, aucun regard échangé avec nous qui les fixions pourtant intensément ! Rien ne se passe, on attend toujours dans la chaleur moite. L’avocat apparaît, disparaît et revient. Il nous explique au café du coin, qu’il doit présenter son rapport avec les documents au « prosecutor » et commence à parler « argent » avec Philippe. Celui-ci a sur lui dans diverses poches et enveloppes en tout 200.000 bahts, mais ne montre rien. J’explique vaguement que pour « payer » l’amende du juge on pensait prendre sur l’argent de la caution. Il devient furieux et m’explique que l’amende du juge peut être de plus de 200.000 bahts « car il faut bien prévoir une « provision » pour les frais subséquents de l’anglais toujours en réanimation et qu’on ne peut pas toucher à la caution avant que le jugement ne soit exécuté entièrement c'est-à-dire l’amende payée.. Philippe manque de devenir fou : l’amende du juge au moment de la négociation avec le consul avait été évaluée à 20.000 bahts. Heureusement il fait appel par portable à un ami rencontré à Phuket, un français vivant ici depuis 40 ans, parlant parfaitement le thaï et au courant des magouilles locales. Il le passe à l’avocat et pour finir la somme est « ramenée » à 100.000 bahts ..On pouvait « payer » : l’avocat devait sans doute nous tester pour « savoir » de combien il disposait encore.. Cet épisode me tord les tripes et je manque vomir le petit déjeuner que je n’avais pas pris ! Ecœurée, furieuse, Philippe me calme et me dit que peu importait, il devait sortir de là ! On lui avait montré de loin ce qu’il risquait. On repart au tribunal, devant le bureau du « prosecutor » où l’avocat rentre comme chez lui, s’installe, prend un café.. et ressort. Il est près de midi, l’avocat nous envoie manger, et rendez vous est pris pour 13h30. On n’avait pas très faim et le repas pris au restaurant du port m’est resté longtemps sur l’estomac ! Philippe était assez pessimiste et j’avais l’impression de l’avoir « enfoncé » dans son affaire par mon interventionnisme déplacé ! L’avocat nous a fait traîner pendant des heures : sortant du bureau du prosecutor avec des papiers à signer, revenant avec nous au café faire signer des documents à un autre client qu’il nous a présenté comme « the godfather of Samui » propriétaire de plein de « resorts ».. On avait compris de toutes façons qu’on était dans les mains de la mafia ! «Bon » moment pour l’avocat : quand Philippe lui a montré la grosse liasse de 100.000 bahts et qu’il a vu que d’autres poches étaient garnies aussi. Il est allé chercher des enveloppes et en a donné deux à Philippe : une pour la police : 30.000 bahts, l’autre pour le juge : 100.000 bahts. Et il a empoché le tout. Entre temps il était revenu de la Police avec de nouvelles exigences, histoire de mettre un peu plus la pression : pour rendre le passeport la police exigeait que l’ambassade de France envoie un fax demandant que le passeport soit remis le soir à Philippe. On essaie de joindre l’ambassade : pas de réponse : il est 14h 30 mais c’est le lundi de Pâques. On demande si un fax du Consul de Phuket pouvait faire l’affaire : l’avocat dit oui.. Philippe appelle le Consul qui est dans sa voiture et qui lui confirme que l’ambassade est fermée jusqu’à vendredi, et qu’il fera le fax dès qu’il est chez lui. On repart devant le tribunal, les bancs sont pleins : des immigrants clandestins, malheureux pêcheurs birmans qui sont emmenés en prison et seront après expulsés. On attend, Philippe craque en voyant les enchaînés toujours là. Il ira même jusqu’à leur filer un paquet de cigarettes tout neuf. On assiste au départ de ces pauvres malheureux : entassés sur la plate forme arrière d’un pick up, tenant leurs chaînes avec une ficelle pour ne pas tomber. Ils ont quand même fait monter la seule femme détenue devant.. Les 2 farangs sont toujours aussi « absents ».. pas un mot, je ne saurai jamais s’ils étaient européens ou pas .. drogués sans doute. Les détenus partis, je m’installe sur un banc face au guichet d’où j’espère toujours que l’on va nous appeler. Derrière la vitre un jeune homme, très charmant, avec un beau regard vif et intense me fixe avec un sourire.. Pourtant je ne dois pas être très brillante : il est plus de quatre heures, je suis debout depuis 6 heures du matin et je n’ai guère dormi la nuit dernière de peur de pas me réveiller ! La chaleur a été épuisante toute la journée sans un minute de clim , et je suis retournée par cette affaire avec mon pauvre Philippe qui n’en mène pas large. Un jeune à uniforme vient me parler : vous êtes de l’ambassade ? sans réfléchir je dis oui, et le beau jeune homme du guichet me fait signe, je me lève et il me parle : « vous devez être en Thaïlande depuis longtemps, vous vous tenez tellement bien ».. « non je suis ici de passage, mais je connais votre pays depuis longtemps et je l’aime ainsi que les thaîs ..» ! Que dire, j’étais gênée et stupéfaite ! Plus grande a été ma stupéfaction : l’avocat nous appelle, le beau jeune homme derrière le guichet a en mains les papiers de Philippe. C’est « notre » juge !!! Il nous lit en thaï les conclusions que traduit l’avocat. « Vous avez eu un accident, vous avez été blessé ainsi qu’une autre personne ». Vous plaidez coupable ou non coupable ? Spontanément, sans réfléchir je dis « non coupable », au grand dam de l’avocat et de Philippe : c’était entendu qu’il devait plaider coupable pour finir cette histoire.. L’avocat parle et le juge repose la question : « coupable ! ». J’ai du faire une tête horrible, le juge ne me quittait pas des yeux ; il rend son verdict.. Vu que vous avez déjà payé les frais d’hôpital etc.. etc… , je vous condamne à 2000 bahts d’amende ! Je n’en crois pas mes oreilles. ! L’avocat semble stupéfait, le juge répète « 2000 bahts », et commence à parler en thaï à l’avocat, posant des questions sur moi, me complimentant à nouveau.. Philippe sort les 2000 bahts, le juge signe le jugement. C’est fini. On s’en va.. L’avocat complètement déstabilisé, et à notre grande stupéfaction, rend à Philippe son enveloppe contenant les 100.000 bahts et nous nous dirigeons vers la police. Nous sommes sidérés et fous de joie quand même ! Direction la Police. Il y a encore le passeport à récupérer. Le jugement est rendu, l’amende payée. En principe plus de problème. On va s’asseoir devant le bureau du capitaine, tête à claques .. On va comprendre que pour lui cette affaire n’est pas finie.. Fait-il du zèle ? Le juge était-il celui qui avait été prévu ? Pourquoi tout ce cinéma ? Le capitaine a-t-il eu son enveloppe de 30.000 bahts ? Je précise que je n’ai pas la prétention d’avoir « séduit » le juge !!! Le capitaine feuillette nerveusement le passeport. Le fax du consul ne lui suffit pas. Il veut envoyer le passeport à l’ambassade, on lui dit qu’elle est fermée jusqu’à vendredi et que Philippe ne peut pas prendre l’avion pour Bangkok sans passeport. Il décide donc de l’envoyer au consulat de Phuket par EMS courrier rapide sachant pertinemment qu’avec Songkran tout est fermé à la poste ? que faire ? on s’en va. Philippe ira à Phuket par bateau et bus, comme à l’aller et récupèrera son passeport.. Mais quand ? Retour avec l’avocat au café du coin, car il y a encore l’histoire de la caution à régler. Pas clair, mais il apparaît que c’est l’avocat qui récupèrera la caution par virement à son compte vendredi. Il veut faire un virement sur un autre compte pour Philippe car il part en vacances jusqu’à lundi prochain. On s’entend sur celui du consul qui nous donne ses détails bancaires. Il déduira ses honoraires que mon brave Philippe augmente de 10.000 bahts ( pour avoir si bien négocié ?). On dit au revoir à l’avocat et on repart vers Maenam, où on va passer à la maison, complètement épuisés par cette journée ! Eric est revenu de Bangkok, et nous rejoint sur ma terrasse. On boit un coup et on raconte nos aventures. Le téléphone de Philippe sonne : c’est l’avocat. Philippe me passe le téléphone mais je ne comprends pas davantage. Il veut que Philippe retourne au commissariat mardi matin pour récupérer le passeport, mais il faut que le consul envoie un autre fax.. On ne comprend plus rien ! Pas d’explications ! Philippe appelle son copain qui parle thaï et lui donne le numéro de l’avocat. Le copain essaie en vain de le joindre mais il a coupé son téléphone à moins qu’il ne soit encore sur le ferry injoignable ? Je ramène Philippe à Chaweng, la fête se prépare : heureusement je suis en voiture : les passants et les motards se font copieusement arroser avec des tuyaux d’arrosage et des seaux d’eau, certains contiennent aussi du plâtre ! Appel de Philippe dans la soirée : le copain franco thaï lui conseille de retourner au commissariat, de donner 10.000 bahts de plus au capitaine, et le consul fera le fax… Il est dix heures ce matin : j’attends l’appel de Philippe. Il est 11 heures : Philippe vient de m’appeler. Il a son passeport en mains. Il a donné 10.000 bahts de plus au capitaine.. et il a aperçu l’enveloppe des 30.000 remise à l’avocat. Affaire réglée ou presque. Fin de l’histoire seulement quand le consul aura reçu le virement : je crains que ce ne soit long.. et pourtant Philippe doit retourner au plus vite en France pour ses soins, et aussi rembourser ses amis qui l’ont si généreusement aidé, reprendre son travail et le courant de sa vie après un épisode qui vient de le marquer à jamais. Il doit aussi une fière chandelle au consul honoraire de Phuket, qui a été là, si disponible pour lui en l’aida,t à chaque « épisode » de ses conseils et de son appui.
Le journal de Philippe 3 mars : l’hôpital.. Première et unique question avant même de me faire les examens : « Have you insurance ? ». Je pars à la radio, mais je devrais attendre le soir à 9 heures pour être opéré par un chirurgien qui vient de Bangkok par avion. On me donne un peu de morphine Mais à peine deux heures après l’accident, alors que je souffrais tout cassé que j’étais, je vois arriver la police : « vous êtes fautif, vous êtes en tort, nous avons 7 témoins qui jurent que vous rouliez à droite ».. Comment se fait-il alors, si j’étais à droite, que l’on m’ait transporté sur le côté gauche de la route ? Je suis certain de n’avoir pas dépassé la bande jaune, le taxi que je doublais était arrêté sur la piste des motos.. plus tard on me montrera un « plan » de l’accident où je suis complètement à droite : un faux grossier ! Le lendemain de l’opération visite de la police à nouveau : je signe un papier, en thaï, je suis dans les vaps. Après quelques jours mon état physique s’améliore un peu, mais j’ai droit aux visites quotidiennes de la responsable européenne de l’hôpital, une harpie d’ environ 40 ans, parlant couramment le thaï, peut être anglaise mais née en Thaïlande qui n’arrête pas de me demander comment je vais payer l’hôpital pour moi et l’anglais, dans le coma en salle de réanimation. Elle me menace : si vous ne payez pas vous irez directement en prison à votre sortie de l’hôpital.. Il y a des témoins, vous êtes responsable, il faut payer.. La police enfonce le clou, me menace et me surveille. Parfois en uniforme dans la journée, parfois vers 11 heures du soir, en civil, ils s’installent, regardent ma télé, me piquent des cigarettes.. Ils restent une demi heure et s’en vont et reviendront pendant plusieurs jours. J’avais sur moi au moment de l’accident 5000 bahts que je n’ai jamais retrouvés.. Qui m’a fait les poches ? Je préviens l’ambassade de France de ma situation : ils se renseignent auprès de l’hôpital. Je vois arriver, furieuse, la harpie de l’hôpital : surtout n’appeler pas votre ambassade, ça sera plus long, vous paierez davantage, vous serez jugé et vous irez en prison. Pour l’arrêter j’ai dû téléphoner devant elle au consulat prétendant que j’allais me débrouiller seul, alors que je leur disais le contraire : par bonheur elle ne comprenait pas le français.. Au bout d’une semaine je peux sortir de ma chambre, faire quelques pas, mais j’y renoncerai car aussitôt « elle » venait me bassiner avec ses factures et ses menaces. Le confort de l’hôpital est très relatif, le matelas n’est qu’un tapis de gymnastique, je dors peu, mes côtes me font mal.. Quant à l’hygiène elle est plus qu’approximative.. Des dizaines de chats squattent l’hôpital, on les retrouve partout dans les couloirs et sur les chariots de soins au milieu des médicaments et des pansements. Heureusement les infirmières sont gentilles et le garçon de la cantine est sympa, il va m’acheter des cigarettes. Des amis de l’anglais dans le coma – que je suis allé voir en réanimation – me rendent visite avec leur avocat : même chanson : la police dit que vous êtes responsable, notre ami vit ici et n’a pas d’assurance : vous devrez payer ou vous irez en prison. Dix jours après l’accident je suis à peu près sur pieds, la harpie vient me voir et me dit que je suis attendu à la Police de Nathon. Elle m’emmène ainsi que ses factures au commissariat. Le capitaine JARU est là ainsi que les anglais et leur avocat. Mon avocat me dit de dire « I want to clear but no many money » soit « je veux payer mais je n’ai pas beaucoup d’argent ». L’avocat sait que l’argent va arriver car entre temps mes amis en France sont venus à mon secours. Un bon copain va utiliser le fonds de roulement de sa société pour m’envoyer les sous. Ca prendra du temps car il faut qu’il soit en règle fiscalement pour cette opération, la Trésorerie pour l’étranger interviendra et l’ambassade me fera virer la somme dans une banque à Samui. L’hôpital ne veut plus de moi mais je dois rester à la disposition de la police et l’hôpital est prêt à me loger « gratuitement » en attendant. L’avocat se porte garant .J’attendrai donc dans « l’annexe », au lieu de la prison ! Maintenant que j’ai vu les cellules du commissariat cette chambre me paraît moins terrible qu’au début : cafards, moustiques, scorpions, pas de télé ni de clim.. aucun soin ni traitement non plus, je vais manger à la cantine et vais faire faire mes pansements à l’hôpital. Les anglais partent avec leur avocat. Les affaires sérieuses commencent : mon avocat prend un papier et écrit : 1.500.000 bahts. Je sais que je ne peux pas les avoir : Je le lui dis. Il descend à 1.200.000 « comme ça je n’aurai pas à passer au Tribunal et risquer la prison ». Je propose 1 million : 500.000 pour l’hôpital en paiement des 2 factures, la répartition du reste ne m’est pas expliqué .. ça doit partir dans la nature !!. Ils vont « réfléchir » : le lendemain l’avocat m’appelle c’est OK pour un million. L’argent arrive 12 jours après à Koh Samui : 25.000 euros empruntés à mon ami, soit 1.200.000 bahts. Le consul honoraire de Phuket est venu en personne avec son ami Alain. Je suis très touché. Pour récupérer l’argent à la Banque du Siam, je n’ai que la photocopie de mon passeport : on tente quand même le coup, je « m’échappe » dans la voiture du consul qui laisse Alain à la réception pour recevoir mon avocat. Le consul aura beau montrer sa carte, on revient sans les sous . Mais surprise l’avocat est là avec le passeport ! miracle ! enfin miracle tout relatif, il savait que je récupérais de l’argent aujourd’hui et que j’aurai besoin de mon passeport.. On repart, récupérons l’argent. Il ne faut surtout pas que mon avocat sache combien j’ai récupéré. L’hôpital présente sa facture : 750.000 bahts. Depuis ma première négociation la facture de l’anglais avait bien sur augmentée. Il y avait aussi la facture de ma nourriture et le téléphone. Le consul « négocie » .. la harpie est furieuse et ne veut pas des 550.000 bahts qu’il lui propose. Elle finira par accepter après intervention d’un supérieur venu superviser l’affaire. Cependant je n’obtiendrai pour moi que la facture minimum : il aurait fallu payer 100.000 bahts de plus pour le rapport médical complet ! Direction la Police de Nathon, on a rendez vous dans un bar : le consul et son ami, mon avocat et moi. Le capitaine arrive. Le consul va prendre la négociation en mains : c’est un homme de terrain qui connaît les histoires tordues et ne s’en laisse pas compter ! On s’assoit, on commande à boire, Alain ouvre son portefeuille d’où tombent par mégarde deux cartes de visite .. Coup d’œil dessus de l’avocat et du flic.. changement d’ambiance. Ils ne veulent plus d’argent, il faut que je passe en jugement et ils gardent mon passeport. Ils veulent bien me « libérer » en attendant le jugement sous le versement d’une caution de 200.000 bahts. On paye et l’avocat me fait un reçu manuscrit. La date du jugement est aussitôt négociée, ils veulent la fin du mois d’avril, on arrive à s’entendre sur le 12 au matin. Je vais pouvoir en attendant, partir avec le consul à Phuket, me remettre de ces émotions. Décryptage de cette réunion bizarre : les cartes de visites étaient l’une du FBI-Police de Bangkok, l’autre d’un Général de la Police nationale de Thaïlande ! Voyant ça les deux compères, ne sachant pas qui étaient mes accompagnateurs, ont pris peur. La corruption est officiellement combattue et s’il se faisait prendre le beau capitaine se serait retrouvé à la frontière birmane ou malaise ! alors qu’il prend des cours à Bangkok pour passer colonel ! A Phuket j’ai rencontré plein de gens sympas : les belges chez qui je logeais dans un bungalow, Richard un français dont la famille était au Vietnam, qui vit ici depuis 40 ans et qui parle thaï couramment. A Phuket il s’occupe de la publication d’un journal pour expatriés. Il a appelé mon avocat et lui a dit en thaï que j’avais été accompagné par le consul et un représentant de la commission européenne. Je devenais important ! J’ai fait faire un chek-up à l’hôpital de Phuket : autre chose que celui de Chaweng ! ils m’ont trouvé deux autres fractures et m’ont refait des bandages plus confortables.. J’ai aussi croisé un cobra noir, qui s’est enfui. Je pense que certains officiels du pays sont plus dangereux que c,e reptile. De retour à Koh Samui pour le jugement.. Je préfère cette île à Phuket malgré les mauvais souvenirs.. Et puis tout s’est bien terminé.. Je vais essayer de trouver une place d’avion pour Phuket où m’attend le consul et le « passage à l’immigration » pour expliquer le dépassement de visa, et payer bien sûr.. et puis l’avion pour la France. Mais je sais que je reviendrai !
J’ai écrit ces textes il y a longtemps – avril 2004 - et je l’avais envoyé à beaucoup d’internautes fréquentant le site de « Samui-Info » . Philippe parti, je n’ai plus eu de nouvelle. Je me disais qu’il avait besoin d’oublier cette sordide histoire et je ne lui en ai pas voulu.. Il y a quelques mois, presque un an après, j’ai reçu un coup de fil d’un inconnu, un ami de Philippe, qui m’a glacée d’horreur. Il me disait que dès son retour, Philippe a eu une sorte de commotion cérébrale, qu’il était depuis lors hospitalisé en Bretagne, qu’il pouvait à peine parler, bouger.. J’étais bouleversée, atterrée. J’ai dû me tromper en prenant le numéro de ce garçon que je devais rappeler, je n’ai jamais pu le joindre. Si jamais quelqu’un qui le connaît lit ceci, j’aimerais vraiment avoir des nouvelles.. Mai 2004 Voilà les dernières nouvelles de Samui par beau temps, vent rafraîchissant, et température très supportable : c’est l’idéal ! À noter juin OK ! J’espère qu’en août Aliénor en profitera bien aussi avec Alex ! Il me tarde de voir sa tête à l’aéroport de Samui : je ne suis pas sure qu’elle va me reconnaître : bronzée, la ligne.. Jacqueline est repartie vers Hong Kong ravie de son séjour : c’est vrai qu’on s’est bien régalées on a même été voir un show de travestis : on a ri comme des folles ! à voir absolument ! on s’est aussi fait quelques bons restaus et de belles balades tranquilles.. Elle a été séduite par l’île et son ambiance ! Décontracté ! Elle reviendra dès qu’elle pourra mais pour l’instant c’est le bac d’Anouk, et son inscription en prépa de véto à Paris. Sinon La Nouvelle du jour est que je m’occupe de sauver une mère et des 7 enfants.. Bon c’est une pauvre chienne plus ou moins paraplégique, laide et maigre à faire peur, qui allaitait ses chiots sans recevoir de nourriture : elle s’est perdue ou a été abandonnée, nul ne sait – elle a un collier, mais ici ça veut pas dire grand-chose.. Elle s’était installée dans les petites cabanes de l’autre côté de chez l’anglais.. Quand je l’ai vue avec ses 7 suçons je me suis jurée d’en faire la grosse du quartier ! J’ai du boulot ! Je fais d’énormes pâtées de riz et de poulet (heureusement c’est pour rien au Tesco) que les 7 petits goinfres avalent illico, en plus je donne à la mère du porc haché et des croquettes. Les petits sont absolument irrésistibles : me font la fête quand j’arrive avec mes gamelles le regard de la mère paye pour le reste ! Le propriétaire qui en a déjà 3 (Sholey, Shogun et sa fille de trois mois que j’appelle Bécassine tellement elle est bête et aboie toujours à contre sens) va s’occuper de placer les petits dès qu’ils seront vraiment sevrés. Quant à l’anglais, le voisin qui ne m’avait jamais adressé la parole depuis mon arrivée, il m’a « découverte » en Mère Thérésa des chiens perdus et nous sommes les meilleurs amis du monde , ses quatre chiens qui sont finalement bien sympas « protègent » la mère de la Sholey qui est jalouse et qui l’a attaquée l’autre jour.. la pauvre affreuse était en sang.. Heureusement maintenant chacun reste sur son territoire.. Par bonheur tout ça se passe loin des yeux du chat de la maison, qui lui laisse sécher la plupart de ses pâtées : il est toujours aussi difficile mais il se régale dans le jardin à surveiller les oiseaux .. et est très câlin ces jours ci – il doit sentir la concurrence !! Depuis vendredi les petits canaillous étaient patraques. La veille ils avaient beaucoup mangé et j’ai mis ça sur le compte d’une petite indigestion. Hier Roméo allait mieux et recommençait à manger un peu mais Juliette était introuvable : en fait avec sa mère à côté. Hier soir quand je suis rentrée après avoir raccompagné les enfants, elle était sur les marches allongée et pas l’air brillant, refusant de boire et de manger. Je me suis promis de l’accompagner chez le vétérinaire ce matin. Je l’avais installée sur un tapis qu’elle aimait bien promener dans le jardin et ce matin, je l’y ai retrouvée, elle a bougé un peu la tête, elle était mourante. Le temps que j’aille chercher un peu de lait, elle était morte. Elle avait attendue que je me lève. Inutile de dire dans quel état j’étais. Le propriétaire était absent, je l’ai mis dans deux grands sacs en plastique noir, comme les GI morts au combat. Le propriétaire arrivé après était consterné : il ira l’emmener à l’incinérateur. Roméo gambadait et a mangé un peu, mais je me suis préparée vite fait, l’ai embarqué dans la jeep, direction Chaweng chez le vétérinaire. Pendant le parcours, il a été adorable, posant sa petite tête sur mon bras et n’a pas bougé une oreille. Le vétérinaire l’a examiné, et l’a gardé en observation : ils ont probablement été empoisonnés, mais par quoi ? Il faut dire qu’ici beaucoup de choses peuvent traîner et ne connaissant pas les chiens j’ai trop attendu : j’aurais dû m’alarmer tout de suite. Tout à l’heure après leur massage sur la plage où je les ai accompagnés nous irons avec les enfants au Big Bouddha pour que tout se passe bien. En fait Roméo est aussi une fille (pour vous dire que je m’y connais en chiens) , Romy si elle survit. Je la garderai.. C’est ELLE qui m’a appelé comme ça parce que je suis le plus remuant, celui qui mord un peu ses frères et sœurs, qui renverse le lait et qui met du riz partout sur sa terrasse. ELLE dit aussi que c’est moi qui mange le plus : c’est vrai que je suis le plus gros. Nous étions 7 quand ELLE nous a trouvé : maman était malade et très maigre, maintenant ça va mieux mais ELLE ne veut plus qu’on tête maman. ELLE nous donne à manger et dit que nous ressemblons à des chiens du calendrier des Postes et qu’on est tous adorables. Le matin elle arrive avec ses gamelles et on s’installe sur sa terrasse. On squatte tout le temps maintenant. ELLE va après nourrir maman dehors mais elle a une très grosse assiette. Maintenant on n’est plus que 6 car le petit frère est parti avec une jolie dame thaïe, qui a mis du temps à le choisir mais qui a préféré celui qui était sage. Je suis bien content que celle là ne m’ait pas choisi parce que moi, j’ai une dame thaïe encore plus jolie, avec des cheveux longs qui me veut. Parce que je ne dors pas autant que les autres et parce ce que je la fait rire. ELLE a encore 5 familles à trouver pour les petits frères et sœurs, car ELLE ne peut pas nous garder. C’est sans doute à cause du gros tigre gris qui dort dans sa chambre tout le temps depuis qu’il a été attaqué par les gros vilains chiens du propriétaire. ELLE serait bien contente que mes petits frères et sœurs soient heureux ici à Samui. Si vous connaissez des gens gentils dites lui ! On promet d’être très sages.Ceci est une mise en garde : si vous entendez votre maîtresse parler de Samui, de départ, de vie dorée, méfiez vous ! Vous allez connaître l’horreur, la faim, la chaleur, la maladie, les attaques des fauves, vous allez être ignorés, bafoués, des petits chiens envahiront votre territoire, et vous ne serez plus considérés ! Je m’explique : d’abord vous êtes bon pour un temps infini dans un sac dans un gros truc qui fait du bruit, et même si pour vous venger vous vous sauvez à l’arrivée vous en êtes pas quitte pour autant ! On va vous nourrir avec des trucs impossibles car soi disant elle n’a pas trouvé votre sachet habituel .. Tu parles, vu le temps qu’elle y a passé elle aurait pu trouver mieux .. Enfin elle tente de varier mais c’est quand même pas si bon que ce que j’avais à Paris ! Et quelle chaleur ! en plus avec mon énorme fourrure je vous dis pas.. Elle prétend que comme je suis né en Asie je devrais m’habituer, ce n’est pas vrai ! A Hong Kong, d’abord je ne sortais pas, et il y avait la clim tout le temps ! Bon ici il y a un jardin : quel travail de surveiller tout ça ! L’herbe que j’ai testée n’est pas si mauvaise, mais il y a tous ces trucs qui rampent et qu’il faut attraper, il y en a même dedans et elle fait semblant d’ignorer mon travail ! « Oh le pauvre gecko ! », j’ai quand même une caresse mais je sens bien que ça ne lui fait pas plaisir ! Sans parler de tous ces gros oiseaux qui viennent et qui me narguent.. J’ai plus l’âge de sauter moi ! En plus il y a plein de bruits inconnus : le silence de Paris me manque et aussi le truc où je faisais mes griffes : elle a beau me présenter les arbres c’est quand même pas la même chose ! Il y a aussi les concerts de chiens comme elle dit : moi je me met sous le lit et j’attends que ça passe ! En plus j’ai été malade : un abcès elle a dit, on m’a remis dans le sac, mis dans sa nouvelle voiture qui fait un bruit d’enfer, et un grand méchant m’a fait des piqûres, on a eu beau me trouver « beautiful » je ne me laisse pas avoir comme ça ! Et puis j’ai dû revenir voir le grand méchant après que les fauves m’aient attaqué ! Bien entendu elle était partie discuter à côté, et moi j’en ai profité, tout était calme et j’ai sauté le mur.. Tout d’un coup la folle qu’elle appelle « Bécassine » me voit, appelle ses copains dont cette tueuse de Cholay et son imbécile de Shogun, des chiens ordinaires qui n’avaient jamais vu un Persan Bleu de grande race comme moi.. Ils ont essayé de me mettre à mort.. Heureusement il y avait mes sauveurs, les mousquetaires armés qui m’ont délivré.. J’étais en piteux état, mais ces brutes s’étaient cassés les dents sur ma fourrure épaisse, et moi j’avais essayé de mordre de toutes mes forces.. Du coup j’ai eu deux dents abîmées : elle disait que je ressemblais à Dracula ! Le grand m’a arrangé ça, mais du coup fini les croquettes pour un moment ! Mais ce n’est pas le pire croyez moi : depuis quelque temps je dois partager ma maîtresse et ma maison, avec plein d’horribles petits chiens qui courent partout. Bon maintenant il n’y en a plus que deux qu’elle appelle « Roméo et Juliette ».. C’est pas du roman croyez moi : ils ont un culot incroyable.. Bon je ne fais pas d’histoire, car maintenant ils commencent à être aussi gros que moi et on ne sait jamais.. En plus elle me câline encore pas mal et je dors toujours avec elle, les petits vilains restent sur la terrasse. Vivement qu’ils ne puissent plus passer sous la barrière : avec tout ce qu’elle leur donne à manger (j’ai essayé, heureusement, c’est dégoûtant !) ça ne devrait pas tarder. Et puis leur soi disant maître, l’anglais doit s’en aller avec eux bientôt ! Alors je patiente ! Donc mes amis vous êtes prévenus, l’enfer vous attend ! Timah, 14 ans, chat de race !
Comme promis voilà le récit de mes aventures à
Bali et Singapour. Quant à mes amis Uwe et Françoise, couple franco allemand solide comme un roc, je les ai connus en 1980 à Singapour et retrouvés à HK en 1986 : Uwe exportait en Chine des machines allemandes, Françoise, institutrice de formation a donné quelques cours à Aliénor, qui en avait bien besoin, un peu larguée dans son français. Ils sont maintenant, fortune faite, depuis quelques années à la retraite, et se sont installés à Nice, mais passent beaucoup de temps en voyages, surtout en Asie où ils ont vécu l’essentiel de leur vie. Départ vers l’aéroport de Samui : les trois mousquetaires avaient tenu à m’accompagner avec la jeep. Dûment chargés de la garde du chat, de la maison et de la gestion des petits chiens et de leur mère ils ont eu de quoi faire pendant mon absence. Ils sont allés deux fois accompagner le matou chez le vétérinaire pour les visites de contrôle de l’abcès et des dents abîmées par la rouste qu’il avait reçue des chiens du propriétaire. Il faudra d’ailleurs que j’y revienne samedi.. Depuis mon retour il se fait gâter, ne mange que dans ma main, histoire de voir si je l’aime toujours.. Il craint que je ne lui préfère les petits chiens qui commencent à prendre du volume ! Arrivée à Bangkok, petite attente qui m’a permis de me faire masser les pieds, le régal habituel ! Vol sans problème vers Singapour avec escale dans la salle de transit, le temps de m’acheter pour moins de 150 euros un appareil de photo numérique Olympus que je n’ai guère utilisé vu que je n’ai même pas été fichue de mettre la date dedans. Christophe va me montrer.. Re-avion vers Bali, arrivée vers 21 heures locales.. Le chauffeur de l’hôtel m’attendait à la sortie avec mon nom en gros : pour une fois que ça m’arrive ça m’a fait beaucoup plaisir. Il faisait nuit, mais j’ai pu constater la largeur de l’autoroute et la circulation très dense… Rien à voir avec ma petite île ! Direction Nusa Dua, la presqu’île squattée par les grands noms : Club Med, , Sheraton, Hyatt, Hilton et mon hôtel Mélia Bali. Reçue personnellement par le manager de la réception à ma descente de voiture, le « check in » a été réduit à sa plus simple expression, assise dans un salon particulier j’ai fait la connaissance du Directeur de l’hôtel en personne venu me souhaiter la bienvenue et me remettre mes « cartes » d’entrée dans la chambre et le « coupe file » pour les accès privés... Traitement first class ! Conduite à ma chambre par le manager de la réception…Grande et belle chambre décor balinais luxueux, grande et belle terrasse avec lit de repos, fauteuil et table, donnant sur un immense jardin éclairé doucement.. Le paradis était à moi comme l’énorme corbeille de fruit dont un gros melon où était gravé « welcome Mrs Annie Fratoni », et la collation adjacente : le paradis était à moi du moins pour quelques jours ! Le programme des festivités du lendemain m’attendait ainsi que la liste des autres invités avec leur numéro de chambre et tous les détails… Une baignoire me tendait les bras, luxe inconnu dans ma salle de bain thaïlandaise.. Une fois propre, nourrie et mes affaires rangées, j’ai téléphoné à Claudie qui était dans l’autre hôtel qui accueillait le mariage. Elle m’avait laissé un message qui m’avait été remis sous enveloppe fermée par le directeur ! Elle avait droit comme mère du marié, à une immense villa avec piscine privée et s’était perdue plusieurs fois dans le domaine.. Je comprendrais pourquoi le lendemain ! J’ai bien dormi malgré ces émotions et le lendemain j’étais sur pied assez tôt.. J’ai essayé moi aussi de ne pas trop me perdre dans « mon » paradis tropical au cordeau, petit déjeuner énorme au restaurant – le lendemain je suis allée « à l’autre », celui réservé à l’élite, servi à table au lieu du buffet, grâce à mon coupe file -. La visite des lieux m’a pris quelque temps : le bâtiment d’accueil, grand hall luxueux avec bars, immenses salons ouverts sur les jardins, galerie de boutiques avec de très jolies choses, j’ai fait bien sur quelques achats, et le domaine : restaurants dont un sur la plage, l’immense piscine, les bassins pleins de poissons, tout ça dans des jardins fleuris : quelques villas au milieu de tout ça avec accès privé et la grande piscine pour les privilégiés, boissons servies, serviettes (dont les rafraîchissantes) apportées aux chaises longues aux coussins épais.. J’y avais droit et j’en ai bien profité ! La plage un peu décevante : profondeur d’eau insuffisante, mais décor superbe. Sur la plage : chaises longues, « salas » de massage comme des lits à baldaquins garnis de tulle blanc.. Malgré le décor de rêve, j’ai renoncé pour quelques jours à mes massages quotidiens : mes « filles » font ça aussi bien pour 5% du prix ! Bon il fallait quand même se préparer pour le show du siècle, car à 4h plein de voitures attendaient les invités sur leur 31 pour les emmener au « saint des saints » : l’Amanusa Beach Club qui s’étend aussi au Bali Golf et Country Club, le tout faisant quelques hectares. Ma robe longue en soie orange n’avait même pas besoin d’un coup de fer, et elle a eu beaucoup de succès.. Petite mais voyante et prévoyante : j’ai échangé mes chaussures Jourdan de 7cm de talon avec des confortables sandales, locales mais très jolies, achetées le matin même dans la galerie, et j’ai bien fait, le repas d’apparat était servi sur une pelouse où une dizaine de table étaient réparties. J’ai fait connaissance de la grande partie des invités lors de l’embarquement, tout le monde ravi et très sympa. Après un quart d’heure de voiture, arrivée dans une sorte de palais, en pierre grise locale, avec des statues balinaises partout, comme tous les bâtiments un peu beaux de Bali.. On aurait dit la résidence du gouverneur, mais ce n’était que la réception, les salles de conférence, les restaurants car le logement s’effectue exclusivement dans des villas réparties dans un immense parc, luxe de chez luxe.. On surplombait une immense piscine, où des dizaines d’employés s’occupaient à faire flotter avec un alignement parfait sur tout le plan d’eau des récipients de fleurs éclairés par des bougies : quand la nuit est tombée, c’était féerique. On nous a conduit tout en haut, à une terrasse couverte, et ouverte sur un paysage incroyable de verts, à peine si on voyait le toit des villas, la mer au fond.. Le sol était jonché de pétales de roses, les chaises étaient alignées comme à l’église et après avoir congratulé Claudie, superbe dans son ensemble crème, Anthony le père, l’air un peu perdu, Caroline et son mari j’ai pris place à coté de Diana, l’amie de Caroline, que j’avais connue à Hong Kong. Bien entendu on ne connaissait pas grand monde et on a bavardé. Cérémonie à l’américaine, arrivée du marié, en blanc, adorable comme toujours, et de la mariée, superbe avec une robe genre année 30 en dentelle.. Discours des témoins, officiant apparemment chrétien, mais pas catholique selon Diana.. Never mind ! Le mariage civil avait eu lieu à Singapour quelques jours avant. Après les « yes », tout le monde est descendu au bord de la piscine où un cocktail nous attendait. Un régal, spécialités locales et internationales, avec champagne à gogo. J’ai été présentée à plein de gens – en majorité asiatiques -, tous très gentils, beaucoup de clients de Nicolas, famille Chan au complet. La tête me tournait un peu. La nuit venant, grand coup de gong et on s’est tous dirigés vers les tables sur la pelouse de l’autre coté de la piscine éclairée par les bougies comme en plein jour, où était servi le repas. Outre l’excellent menu « ma » table était très bien fréquentée : à ma droite, le patron de Nick, canadien anglais, président de Goldman Sachs Singapour, qui lui-même avait à sa droite l’épouse superbe mais septuagénaire sans doute du chairman de la Banque centrale d’Indonésie (client majeur de Nick selon Claudie) qui était à ses cotés : genre sérieux pince sans rire. A ma gauche la collègue de Nick et vice présidente de la boite. Une fille adorable, mère célibataire par choix, brillant exemple de la réussite des femmes singapouriennes. On est devenues très copines – j’ai déjà eu un e-mail - et elle viendra me voir avec son fils gâté pourri. Conversation : Ah ! you live in Thaïland ! What do you do there ? Nothing ! After working for the French government for forty years I just enjoy myself! Succès garanti. Le canadien était aussi très bavard, (son prénom à hurler de rire “Oral” : il a fallu que je le lise sur le carton pour y croire et je me suis retenue de lui dire que c’était le même que ma brosse à dent ! ) Enfin je connais toute sa vie : très américain – il a une maison dans l’état de New York où était partie sa famille (too bad for the wedding !) bon mari, bon père, et travailleur ! Re discours des copains et des copines des mariés, suivi par le speech de Nicolas, tout ça entre les plats, c’était marrant ! Ensuite la soirée s’est terminée par le bal, enfin de la musique avec disc jockey quand même ! et la jeunesse s’en est donnée à cœur joie ! Véronica ma copine allait coucher le dadais, j’en ai profité pour rentrer, un peu fatiguée par toutes ces agapes, dans mon « simple » Melia . Le lendemain dimanche, j’ai retrouvé Diana, Claudie – qui se repliait sur le Mélia avec Anthony – jusqu’au mardi suivant . Sa fille et son mari – grand dadais adorable Australien que j’avais reçu à Paris avec Caroline – étaient eux installés dans la villa « Bamboo », à deux pas de notre bâtiment, petit paradis avec mini piscine privée et terrasses du tonnerre ! Le soir nous étions invités par le mari de Caroline dans le japonais du Hyatt : excellent ! C’était le soir du match France Angleterre. J’ai demandé à la réception de me réveiller à 2h30 heure locale, le match commençant à 2h45. Je voulais voir l’évènement sur grand écran dans le pub du rez-de-chaussée. J’ai eu finalement deux coups de fil à 5 minutes d’intervalle pour voir sans doute si j’étais bien réveillée.. Je descends, assez alerte, et le drapeau français m’attendait dans le pub avec l’espagnol (Mélia est une chaîne espagnole). Deux japonais et un anglais.. Plus tout le staff de nuit … Vous imaginez mes angoisses et ma fierté à la fin .. Tous les balinais sont venus me féliciter ! Les jeunes époux avaient émigré dans l’intérieur des terres à Ubud dans un autre petit paradis que nous étions invités à visiter le lendemain, avec dîner chez un peintre, ami de Nick, shanghaien d’origine, d’une bonne cinquantaine d’années et extrêmement mystérieux sur son parcours « in between » !. La balade à Ubud lundi a été un véritable ravissement : la visite du « nid d’amour » beau à crever au milieu des rizières, la visite de la ville genre St Trop, trop chic, trop beau, plein d’expats résidents sans doute.. Heureusement il y avait un marché pour le shopping à des prix raisonnables. Arrivée dans la maison du peintre : genre de celles que l’on photographie dans les revues, spectaculaire dans la conception très dépuillée mais d’un goût exquis, il nous a montré ses peintures avec une grande gentillesse, (il m’a même fait un CD de son œuvre), et on a dîné sur la terrasse après le champagne dans le patio.. du canard succulent, dit « dirty duck » spécialité du coin ! Le lendemain Claudie et le reste de la troupe partaient. Livrée à moi-même pour deux autres jours, j’ai encore exploré un peu, Sanur, etc.. Encore un peu de shopping et relax piscine, visite des autres hôtels du coin (un petit chemin emménagé le long de la plage relie ces établissements ). D’un coté je me suis arrêtée à l’entrée du Club Med où nous avions passé (en 87 ?) une semaine avec Bambou et où j’avais gagné le concours de la bière à la paille !.. De l’autre le Hyatt est tellement grand que je n’ai pas eu le courage de pousser jusqu’au Hilton ! Mais j’imagine bien Alex et Aliénor dans ce décor grandiose ! En clair Bali est magnifique – j’exclus mon installation fastueuse – l’habitat est recherché, souvent raffiné, pas ou peu d’installations sauvages genre Thaïlande. Beaucoup de travaux en cours, circulation très dense mais les gens conduisent bien, les ceintures sont attachées et on porte des casques même à l’arrière des motos, peu nombreuses. On sent qu’il y a de l’argent mais aussi une bonne administration derrière. Tout le monde parle un très bon anglais même dans les marchés, les gens sont gentils, assez familiers et engagent la conversation très vite et adorent le marchandage ... Les prix sont au moins 30% supérieurs à la Thaïlande. Produits de très bon goût (dont de l’ameublement beau à crever) il faut dire et qualité certainement supérieure à ici.. Check out » aussi facile qu’à l’arrivée, note bien plus légère que prévu, compte tenu du traitement spécial (5 étoiles luxe au prix du 3 étoiles) ! Le Directeur est venu me saluer et m’a fait accompagner jusqu’à la voiture par le réception manager.. Explication du mystère : il se trouve que Nicolas a un client devenu son ami, qui est propriétaire de la majorité des parts de cet Hôtel (et de l’Amanusa Beach club et la suite), hollandais-indonésien, il réside à Singapour et il est vraiment charmant. Sa femme Jackie, une chinoise de Hong Kong , est aussi super, simple et adorable. Nous avons vraiment sympathisé, je suis invitée à S’pore et elle m’a déjà envoyé un e-mail.. J’étais « épatée » quand Claudie m’a dit qui elle était (et qui est son mari !…) L’avion de retour sur Singapour avait 3 heures de retard (rappelez moi de ne jamais plus prendre Garuda ! la nourriture est infecte !). Pour passer le temps il y avait des salons de massage : j’ai fait les pieds et la tête-épaules, mais franchement je n’en avais guère besoin ! Oh you live in Koh Samui ! That’s why you look so healthy !! (s’ils m’avaient vue l’an dernier ils n’auraient pas dit la même chose !) A Singapour Françoise m’attendait.. Elle avait eu le temps d’aller faire un tour en ville avec le métro en apprenant mon retard ! La suite au prochain numéro !
La chanson tannante que la télé nous repassait sans cesse quand on est arrivés à Singapour en 1980 me revenait sans arrêt là bas, dès mon arrivée je l’avais dans la tête et je croyais entendre la petite Lili chantant de tout son cœur !.. Et pourtant, l’île d’hier, que l’on trouvait déjà si belle, n’a presque rien avoir avec la cité orgueilleuse et splendide d’aujourd’hui. Outre les nouveautés, le métro, le nouveau front de mer avec l’opéra au toit comme un durian, les bords de la rivière briqués à mort, la ville chinoise transformée en « Greenwich village », les avenues connues et arpentées avec « Lili » dans sa poussette ont l’air plus riches, plus propres encore, embellies par de nouveaux buildings plus fastueux les uns que les autres.. Et la végétation ! J’ai retrouvé avec joie l’arbre – un frangipanier - devenu bien gros, aux fleurs blanches qui embaumaient, de l’angle de Paterson et d’Orchard Road. Chaque fois qu’on y passait, comme un rite, Aliénor voulait une fleur parmi celles qui jonchaient le sol.. C’est la seule chose qui traîne encore sur les trottoirs ! On ne voit plus le ciel : les arbres ont poussé comme des fous se rejoignant de part et d’autre des rues pourtant bien larges.. Le Raffles dans toute sa splendeur d’antan a ouvert maintenant toutes ses ailes autrefois condamnées : c’est immense, plein de boutiques de luxe, le Tiffin Curry est toujours aussi bon, le Long Bar sert toujours les « vrais » Singapore Sling, mais je regrette quand même le vieil hôtel décati où on s’attendait toujours à voir arriver quelque major british en uniforme ! Je ne regrette pas cependant la transformation de la Grande Poste en hôtel de luxe : merveille de préservation architecturale : c’est beau, c’est grand et quelle vue sur la rivière : nous avons pris un drink bienvenu sur la terrasse, après avoir suivi comme de vrais autochtones les courses du Dragon Boat Festival.. Quelle ambiance le long des nouveaux quais, les universités singapouriennes s’affrontaient : il y avait des cris et des pleurs de joie.. Je crois que Clifford Pier doit compter ses jours avec à coté le restaurant tournant et l’ex immeuble de la BNP qui a déménagé avec bonheur en face, c’est le seul endroit du coin un peu vieillot qui fait « tâche » ! On a remonté la rivière – à pieds, et c’est LOIN ! - avec de part et d’autre les anciennes « warehouse » transformées en cafés et restaurants, endroit sympa et convivial plein de touristes et de jeunes locaux. L’odeur de l’Asie est partie quand même un peu ! Et que dire de Chinatown ? C’est Montmartre et le quartier latin en « chic » et « propre ». Des maisons blanches ou légèrement colorées comme les maisons de poupées, pimpantes, aux volets de couleurs différentes, des boutiques chics, et une rue entière consacrée aux robes de mariées et aux « wedding » en général. On y a mangé dans un restaurant français où, semble-t-il, les expats ont leurs habitudes (il y avait un casier spécial pour les serviettes des abonnés avec les noms gravés sur des étiquettes en cuivre !). J’ai pris de l’entrecôte au poivre, à ma stupéfaction au lieu du contre filet habituel, c’était une vraie, persillée et tout : fameuse ! J’aurais bien aimé refaire la sauce au poivre à ma façon mais on ne peut pas tout avoir ! Dans le coin, People’s Park n’a pas changé, vaste et populeux, et j’ai trouvé « mon » Hainan chicken rice dans un food center.. Plus loin il y avait la queue devant une autre échoppe : encore du chicken rice.. On n’avait pas choisi le bon !! Et pourtant ! Deux jours après nous en avons mangé un autre, avec Françoise au Mandarin, superbe et servi classe, mais il manquait un peu de la couleur locale des food center, avec à la même table, nous, le couple d’à côté qui mangeait ses nouilles et le petit papy rabougri qui prenait son temps ..Le prix aussi était différent – 10 fois plus cher ! Ce qui m’a surpris aussi c’est le monde qu’il y a partout ! J’avais beau me dire que la moitié des gens que je voyais n’étaient pas nés en 80 mais quand même.. Les rues, les restaurants, les shopping centers, les transports : débordants de plein de gens décontractés, l’air en forme, je dirais presque « l’air heureux ».. et JEUNES ! Je ne crois pas que Singapour ait du soucis à se faire pour son avenir.. qui va d’ailleurs être bientôt entre les mains du fils du créateur, le toujours présent Lee Kwan Yu ! Entre nostalgie et émerveillement ! C’est ce que je dirais pour caractériser ce voyage, cette visite guidée par Françoise qui avait pris en main mon programme de révision, à ma grande satisfaction, car je n’aurais, seule, jamais su par quoi commencer ! J’ai quand même évité les lieux trop sensibles : le Goodwood Park Hotel et Paterson Towers.. Trop d’eaux auraient coulées ! Next time, on verra ! Françoise et Uwe m’ont reçue royalement et avec beaucoup de gentillesse et de disponibilité. Ils se sont installés pour 3 mois dans un appartement-hôtel, grand complexe luxueux situé en plein centre, à deux pas du Hilton et du Tanglin Club. La piscine est gigantesque et munie de jacuzzis du tonnerre ! L’appartement est vaste, deux chambres avec salles de bain, un grand living, le tout donnant sur les feuillages de grands arbres avec écureuils pour le fun, mais plus discrets que « mon » écureuil de Bali qui venait sur ma terrasse et qui a mangé l’essentiel des fruits de mes paniers quotidiens ! Mes cinq jours sont passés comme un rêve, le matin, visites avec Françoise, dont le Musée « Nonya » où j’espérais trouver la musique recherchée par Jean.. Pas de chance ni de CD ! J’ai pourtant bien cherché et demandé : personne ne connaissait ! Après un déjeuner léger pris au hasard des milliers de restaurants, re-balades et retour dans l’oasis, piscine et relax.. Chaque soir Uwe nous a « sorties », restau français, Tiffin Curry au Raffles, buffet méditerranéen à l’Intercontinental près de Buggy Street toujours débordante de monde, Italien à Holland Village avec un couple d’amis de Uwe et Françoise, arrivés d’Australie, un allemand et une japonaise, rigolote, qui venait à S’pore pour la première fois : on aurait dit une petite fille devant un arbre de Noël bien garni ! On a beaucoup parlé, bien sur : deux bavardes ensemble, Uwe qui parle bien français quoiqu’en dise Françoise toujours perfectionniste, suivait comme il pouvait nos évocations du passé et du présent avec beaucoup de sérénité. Ils ont, à ma grande satisfaction, décidé de venir me voir quelques jours en juillet à Samui qu’ils connaissent déjà un peu et j’espère bien pouvoir leur rendre leur séjour ici aussi agréable que le mien à Singapour. Uwe qui a passé dix ans en Thaïlande parle le thaï : j’y arriverai peut être moi aussi avec beaucoup de patience ! Hélas je n’aurai pas la chance d’avoir des interlocuteurs du calibre de ses clients ! J’ai également été chez la coiffeuse de Françoise : enfin une coupe qui ressemble à quelque chose ! Je ne vais quand même pas prendre l’avion pour aller me faire couper les cheveux ! Pour le shopping, mon sac étant déjà plein de mes achats de Bali, je me suis contentée de faire un raid au Kinokuniya où la librairie est immense, pour acheter sur les conseils éclairés de Françoise, deux livres dont un pavé que je viens de commencer et qui m’a déjà pris dans ses filets ! J‘ai bien sur déjà terminé l’autre, « Falling leaves », une merveille ! J’ai aussi trouvé, pour les nourritures terrestres, un vrai saucisson français chez Carrefour (eh oui, ils sont là aussi sur Orchard !) que je mange ici, tranche par tranche, avec le respect que l’on doit aux choses introuvables ! Retour sans problème, les mousquetaires étaient à l’arrivée, j’étais à la maison le temps de dire ouf ! le chat dans mes bras, un peu grognon comme d’habitude pour me punir de mon absence, mais ça s’est vite arrangé : le soir il ronronnait comme un fou dans le lit, qu’il avait dû éviter pendant quelques nuits, ne connaissant pas le locataire de si près ! J’ai retrouvé mon île un peu endormie du coté de Maenam, avec bonheur : peut être c’est l’âge, l’agitation, la sophistication, les grands restaurants ne sont plus mes priorités, mais c’était quand même GRAND ces douze jours dans le sud ! Mes masseuses m’ont fêtée, malgré la natation en piscine, la marche (attestée par les ampoules en voie de guérison) et les jacuzzis, elles m’ont trouvée un peu rouillée.. Encore un effort pour rentrer au Ballet Royal ! En tout cas je suis et reste en pleine forme.. Vive l’Asie ! Juste un mot parce que j’ai oublié de vous parler du temps pendant tout mon périple : superbe, pas une goutte d’eau, presque frais à Bali, chaud mais pas aussi étouffant à Singapour que dans mon souvenir ! C’est sans doute l’habitude de la chaleur en Thaïlande, je crains d’avoir un peu de mal en septembre à Paris ! Dimanche ordinaire ! Et pourtant c’est le 4 juillet : la Fox – la télé super facho-red neck – doit se gargariser du nationalisme le plus élémentaire .. J’irai pas voir ! Lever 7h 30 : le matou s’est arrangé pour me réveiller, en venant faire un câlin non sollicité ! J’ai compris il doit avoir faim.. Bien entendu il a fait le difficile, ignorant en partie tout ce que je lui ai présenté… Du coup Roméo et Juliette ont « fait le tour » et montré leurs truffes côté cuisine, où ils ne sont généralement pas admis compte tenu que c’est le domaine de chasse du chat… Mais bon, celui-ci étant revenu dans la chambre ils ont eu leur cuisse de poulet – une à chacun – et leur plat de pâtes au beurre (australien, pas Président quand même !) . J’ai tenté de nourrir leur mère mais l’anglaise noire était là et je n’avais pas envie de prendre le bâton. Elle m’a regardé d’un air de dire « on verra tout à l’heure ». J’ai remis la gamelle dans le frigo et je me suis préparée. Coup d’œil sur ma messagerie : e-mail de ma copine Eliane de Nice (mère d’un résident à Samui, un jeune que je ne connais pas). Ancienne du Trésor nous avons plein de points communs, elle est sympa et on se verra fin septembre ici. J’ai mis le cap du Tesco Lotus : peu de circulation en général le dimanche matin mais là il y avait un bouchon avant le feu vers Bophut. Une moto jaune était tombée sur la route et 2 mètres après un corps était étendu directement sur la route. Il y avait un flic faisant la circulation. Personne autour du malheureux thaï : sa tête était dans une mare de sang, il était mort à l’évidence. Pas d’ambulance, à peine quelques curieux. J’avais envie de vomir et je tremblais de dégoût ! Il y a au moins un mort par jour, comme ça à Samui, sans compter tous les blessés ! Personne n’a de casque. Je ne sais pas pourquoi j’adore aller le dimanche matin à Tesco ! En général c’est désert à l’ouverture. J’avais oublié que c’était le premier dimanche après la paye et les thaïs se bousculaient. En plus j’ai beau me dire que si j’arrive trop tôt il va manquer plein de choses dans les rayons, je recommence !. Je me suis donc passée de salade et de steak haché pour faire un chili. Tant pis. Je me suis vengée avec une belle barquette de sushi, 200 bahts, on ne se refuse rien mais j’en ai au moins pour deux repas et ils sont succulents et variés ainsi que sur les promotions : adoucissants textiles et liquide vaisselle pour rien (20 bahts..). Il faut en profiter sur le moment car ça ne dure qu’une journée ! Comme d’habitude ma liste d’origine n’était pas complète et je me suis quand même retrouvée avec un plein caddy. Retour à la maison en vitesse car j’avais acheté des glaces.. Des américaines au chocolat qui venaient d’arriver : là aussi il faut en profiter demain il n’y en aura plus ! En passant devant l’endroit de l’accident, il n’y avais plus personne : seule l’énorme tâche de sang à peine noircie parsemée de matières blanches, la cervelle sans doute : personne n’avait songé à lancer un seau d’eau ! Le chat boudait dans la chambre : en général, entendant la clé il arrive vite fait à la porte, mais là personne ! Roméo et Juliette avaient aussi déserté la terrasse. Sans doute sous le pick up de l’anglais. Encore de l’huile sur la tête à nettoyer ! J’ai rangé les achats, fait un saut à côté pour chercher le linge propre et donner le sale. Il était quand même midi et mon repas était prêt : sushi et thé glacé. Du coup le chat se pointe : représentation de nourriture, il mange du bout des dents et va dans le jardin. Coup d’œil sur la terrasse, les petits s’étaient étalés comme chez eux ! Il fait très chaud et ont certainement soif . Je leur prépare leur gâterie préférée : lait de poule sucré.. Lait frais et entier bien sur, un œuf battu, et 4 sucres. On mélange et on sert : succès garanti. Roméo le plus gourmand a léché jusqu’à disparition de la moindre trace de sucre en mettant le pied dans le plat ! J’ai la paix jusqu’à ce soir. Bien sur vous me direz que je les gâte trop ! Sans doute mais dans un mois ils seront loin et au moins ils seront assez costauds pour tenir le coup ! Bon cet après midi j’ai du temps avant Wimbledon et le Tour de France ! J’irai voir les filles pour un massage !
Après un petit film sur TV 5, sympa, j’ai pris
mon sac et la direction de la plage : Eric était avec quelqu’un sur sa terrasse
et bien entendu il m’appelée : c’était « Backpacker75 » un habitué du Forum de
Samui Info, journaliste parisien, super sympa avec qui j’avais échangé quelques
messages.. Ce soir longue soirée Wimbledon – Portugal.. Encore quelques bons moments ? Vous avez l’air de ne pas me plaindre… Et vous avez raison ! Notes sur la Thaïlande Petites chroniques acides d’une retraitée en Thaïlande » L’anglais : J’ai été stupéfaite que même dans de très bons établissements le niveau d’anglais soit si « basic » ici. On est loin de Bangkok. On ne peut échanger 3 mots, être compris même avec des phrases très simples auprès de personnes supposées être en contact avec les touristes : vendeurs, serveuses, masseuses. La conversation tourne court très vite en dehors de la pure nécessité : Combien, quelle taille, quel plat, foot massage, oil massage ? !!! Quant aux « compagnes » provisoires elles ne font guère d’efforts. Beaucoup de paresse là dedans car certains farangs attacheraient du prix à les voir étudier leur langue. Ca leur conférerait une valeur ajoutée certaine. Mais elles viennent de milieux souvent misérables n’ont pas fait d’étude et ne voient pas le lien entre l’éducation et leur promotion sociale. Il est sans doute plus facile de coucher contre une petite vie de paresse que d’étudier et de travailler ! Après leurs tâches ménagères dont elles s’acquittent avec beaucoup de soin, elles regardent à longueur de temps des « soap opéras » locaux, qui m’apparaissent comme parfaitement infantiles ! Ne parlant pas l’anglais elles ne peuvent rien raconter, exprimer quelque chose d’un peu subtil, elles n’ont l’air de s’intéresser à rien d’autre qu’à un quotidien matériel. Par contre entre elles, elle bavardent sans arrêt, des petites histoires de filles qui n’ont pas l’air de voler très haut. Bien entendu le farang profite de cette débilité pour s’affirmer, dominer ou simplement se sentir utile ! La propreté : La Thaïlande devrait avoir le « ruban bleu » de la propreté. Bon bien sur il y a quelques poubelles débordantes dans des endroits passants, et des déchets de tous ordres sur la plage, l’environnement c’est pas encore leur truc, mails ils sont propres jusqu’à la maniaquerie.. Les filles font doucher et changer leurs vêtements à leurs farangs plusieurs fois par jour à leur grande stupéfaction. Elles mêmes sont toujours entre deux douches et les maisons sont récurées à mort. On laisse ses chaussures devant la porte, on évite ainsi de porter à l’intérieur la poussière du dehors.. Certaines fois quand il y a plein d’invités à la maison, le pas de porte ressemble à celui d’une mosquée ! Les couples de touristes : Autrefois j’avais la méchante habitude de dire que venir en Thaïlande avec sa compagne c’était comme emmener un sandwich chez Bocuse.. J’ai un peu changé d’avis car je suis trop contente de voir un jeune – ou moins jeune – couple qui vient apprécier ici de bons moments de vacances, ensemble, à égalité, en échangeant des impressions, des idées des observations. Cela me conforte de voir qu’en occident il n’y a pas que des échecs dont on voit les conséquences ici ! Les faux touristes : ceux qui viennent pour les filles, point. Elles sont faciles, gentilles et bon marché. Ils économisent toute l’année pour se défouler à plaisir pendant leurs 3 semaines, boivent un peu ou beaucoup et font semblant de draguer au Reggae Pub .. Parfois il y en a qui se font piéger. Les locations saisonnières : C’est un phénomène qui semble typiquement thaï. Explications du Dr Santasombat, professeur de sociologie à l’Université Thammasat de Bangkok. En occident la prostitution est considérée comme un métier. On aborde la fille on décide du prix et la passe s’effectue. Ici c’est le flou artistique. Les filles abordent rarement la question du prix tout de suite. Elles tentent d’abord d’établir un contact. IL NE S’AGIT PAS DE RAPPORTS PONCTUELS COMME EN OCCIDENT : ICI LES FILLES SONT PRËTES A POURSUIVRE UNE RELATION PENDANT PLUSIEURS JOURS, PLUSIEURS SEMAINES VOIRE PLUSIEURS ANNEES. Parfois le farang passe la totalité de ses vacances avec la fille et revient la voir .Il arrive qu’elle devienne sa maîtresse voire sa femme. Une fois que la relation se met en place le comportement de la fille change graduellement. Elle restera avec un homme capable de l’entretenir. La ligne de partage entre l’amour et l’argent devient alors très floue. L’argent rend difficile la distinction entre l’affection la tendresse et l’amour. La dépendance financière engendre une sorte d’attachement émotionnel chez la fille. En occident les notions d’argent et d’amour sont incompatibles. Ce n’est pas la même chose en Asie où l’on peut difficilement les séparer.
|